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CHARLES, ou le coeur qui bat moins fort quand un vieux oublié s’en va en silence.

CHARLES, ou l’appel de la solidarité face à l’individualisme grandissant.
CHARLES ou ces petits faits divers, quotidiens, silencieux, happés par de plus grands.

CHARLES, ou ces gens (trop nombreux) seuls derrière leur fenêtre.

CHARLES, ou un voisin, un inconnu, un négligé. 

À l’heure où nos vieux sont devenus des parias. Encore plus qu’ils ne l’étaient déjà. 

À l’heure où cela porte un nom, là au Japon : le kodokushi (ou la mort solitaire).

À l’heure ou en temps de confinement, personne n’est logé à la même enseigne et à cette heure encore ou ils sont trop nombreux à braver l’interdit, au mépris des autres.
À cette heure-là, déterminante pour l’avenir de l’Humanité, voici CHARLES, cette fiction, qui s’emmêle avec le réel. 

L'histoire

Iris qui avait huit en 1995 revient dans ce petit village. Celui où elle a grandi, celui qu’elle a quitté pour rejoindre la ville, la tourmente et le bruit. Celui-là même où un jour, un homme, son voisin Charles a décidé de fermer sa porte à tout jamais. Ou pour toujours. Hasard du calendrier, c’est aussi à ces instants que la petite Iris, se met à écrire des histoires. Pour le petit journal du village qu’elle tient, celui où il ne se passe rien. Elle y raconte son été 1995 : Ziggy, le poisson qu’on lui a confié est mort, son papa l’a jeté dans les toilettes, et remplacé par un autre. « On n’y verra que du feu », a-t-il dit. (…) «  La voisine, Micheline, elle a tiré une balle dans sa bouche. C’est Jonas son fils qui l’a trouvé. Les pompiers ont dû venir avec une grande échelle, elle passait pas dans l’escalier. » Iris, huit ans ne comprends pas pourquoi : « elle n’était pas grosse. Les gens ont dit qu’elle s’est tentée de suicider. » Et puis le père d’Iris décède lui aussi. Dans ses ballerines blanches, la petite espère qu’on ne le jettera pas dans les toilettes comme Ziggy. C’est à ce moment aussi qu’elle devient fascinée par les étoiles, et le voisin d’à côté, qui l’écoute, sans jamais lui répondre. 


Quand elle revient dans ce village, celui de ses premiers mots c’est pour venger Charles. Et condamner ceux qui l’ont laissé mourir, sans rien faire. Et tenter de répondre à cette question : qui était-il ? Espérant que quelqu’un le sache. Les gens parlent, mais aucun ne semble au fait. Les langues frénétiques salissent la mémoire de cet homme, qui aux dernières nouvelles n’était coupable de rien. Mais aucun n’a rien fait, ou rien pu faire. Lui voulait juste rester chez lui. Dans sa quête, elle rencontre des gens. Edouard, l’enfant jetant des cailloux sur la maison du vieux fou, devenu grand et pompier. C’est lui qui a trouvé la dépouille de Charles. C’était suite à l’appel d’André, le facteur du village, 35 années de bons et loyaux services au compteur. André inquiet pour Charles avait prévenu les secours. Au bout du fil c’était Maeva, standardiste au 112. Tous ces gens partagent une connexion : celle d’avoir vu, entendu, parler de Charles. Mais il y aussi les voisins Huguette et Georges, que Charles avait rencontrés la veille de son repli, pour leur demander de l’aide et qui n’ont pas tenté de le dissuader. Louis, le bourgmestre faisant fonction. Marcel,  le fossoyeur communal. Andrée, celle qu’on appellerait la doyenne du village, qui vit seule chez elle. Les autres à l’enterrement, et à la cérémonie qui suit. Tous ces gens et leurs destins parallèles avec Charles dans leur sillage. Et puis la petite fille qui au travers de son chemin pour pointer du doigt un coupable, revient sur sa relation avec ce voisin Charles. Et la petite fille devenue plus grande qui découvre l’antre de celui-ci et ses vingt-cinq années de faits divers. Ce mémorial aux oubliés.

 

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